Il disparut discrètement comme il était apparut. Enola, quant à elle, supplia l’infirmière de m’entretenir quelques minutes en lui promettant de ne pas me fatiguer trop longtemps. L’infirmière réticente, lui accorda cinq minutes ; pas une de plus, juste ce qu’il fallait pour en savoir un peu plus.
- C’est important, Sandy, qui t’as fait ça ? Tu l’as vu ? Tu l’as reconnu ?
Elle attira mon regard sur cet immonde pansement qui entourait mon bras gauche jusqu’à l’épaule. Me remémorant cette nuit, je lui dénonçais l’infidèle Talleyrand, pris en flagrant délit d’adultère ; une enquête, demandée par sa femme, avait été ouverte quelque temps auparavant. Pour l’avoir observer pendant de longues heures, sa silhouette correspondait à la perfection, mais était-il coupable ? Je ne pouvais le garantir à 100%.
Je me sentais partir, fragile et épuisée.
- Je le saurais Sandy, si c’est lui, il lui faudra payer tout le mal qu’il t’a fait ! En attendant repose-toi !
Un coup de chance dans l’histoire était que son astigmatie aggravée ne lui avait pas permis de me cibler correctement, d’où cette blessure quasiment superficielle au bras.
Le lendemain à la première heure ; la porte s’ouvrit, me laissant découvrir un énorme bouquet aux milles couleurs suivit d’un dieu qui me souria. Ce dieu avait ce don de faire chavirer mon cœur et son emprise sur moi était toujours présente après tant d’années.
- Ceci n’est qu’un modeste présent composé de pétales d’arc-en-ciel pour faire briller ces petites étoiles dans ton regard.
Que vouliez-vous répondre après une telle déclaration ! Des mots si simples du genre merci, t’es un vrai poète ! Autant de phrases qui auraient rendues stupides cette conversation.
De toute façon, les syllabes ne voulaient pas sortir tant je me trouvais intimidée par lui. Ma pâleur laissa place à la couleur pivoine que l’on aimerait dissimuler devant certaines personnes, mais je ne savais cacher mes sentiments !
Il le remarqua très vite et me lança un petit sourire espiègle :
- N’écoute pas ce que je dis, à mon âge, on raconte énormément d’âneries ! reprit-il sur le ton de la plaisanterie.
La flamme que j’avais en moi, continuait-elle de brûler ou était-elle vouer à s’arrêter ?
Et il continua :
- J’ai vu ton bourreau en blouse blanche dans le hall qui m’a signalé que tu pourrais quitter les lieux en fin de semaine, cependant il est indispensable que tu te reposes, aucun effort, tu ne devras faire !
- Excellente nouvelle, je vais enfin pouvoir retrouver mon chez-moi !
- Voilà où je veux en venir et je voudrais que tu y réfléchisses avant de me donner une réponse …


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